Innovation dans le système de santé suisse - Courier du médecin vaudois, 15 décembre 2010 PDF Imprimer E-mail

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Innovation dans le système de santé suisse

«Les primes de caisse maladie nous tuent ! Les caisses font ce qu’elles veulent et la Berne fédérale est impuissante». Voici les critiques que nous entendons, surtout en automne, quand nous recevons les primes pour l’année suivante. Il nous faut des réformes, de l’innovation ! Seulement voilà : tout le monde n’est pas d’accord sur les innovations à mener.

Deux facteurs essentiellement s’y opposent : le premier est lié au fait que plus que 500'000 personnes tirent directement leur revenu du système de santé  grâce aux quelques 60 milliards de Fr. que nous mettons – année par année – dans cette boite noire. « Boite noire Â», parce-que nous savons peu du rendement de cet investissement, de  son utilité pour les patients. Le deuxième facteur est que plus de la moitié des citoyens sont contents de notre système de santé, selon le monitorage annuel GfS de Berne. La seule chose qu’ils ne supportent plus c’est la hausse des primes de caisse maladie.

Comment changer donc le système, comment l’innover, sachant que toute innovation aura comme but le fait de faire circuler un peu moins d’argent, pour le rendre durable? Qui est prêt à renoncer à quelque chose ? La santé est le seul secteur de la société avec une croissance continue, env. 8'000 nouveaux postes de travail chaque année. Elle n’a jamais vécu de crises, même pas au moment des grandes dégâts financiers et de l’économie.

Après l’échec de la seconde réforme LAMal en 2003, la réforme avait été coupé en sept morceaux, pour éviter le cumul des oppositions. Les premiers paquets, techniques, ont rapidement été acceptés. Le Parlement s’est alors attaché au gros paquet de la réforme hospitalière, qu’a été votée en décembre 2007 (financement dual-fixe des hôpitaux, facturation par swissDRG, transparence et qualité), sans lancement de référendum. Il a ensuite poursuivi son travail sur la réforme de la médecine ambulatoire, ce fameux « managed care Â», aujourd’hui rebaptisé en « soins intégrés Â».

Les réseaux de soins intégrés existent depuis 20 ans, presqu’un médecin de famille sur deux y prend part, un million d’assuré ont choisi ce modèle d’assurance. Il s’agit pour la majorité des réseaux de médecins (de famille et spécialiste) qui ont décidé ensemble de former une société, se donnant des règles de comportement sur la qualité, la gestion des données, les processus de travail, la responsabilité budgetaire. Ces réseaux signent des contrats avec les assureurs maladie et décident de manière autonome comment il s’organisent à leur interne.

Cette nouvelle manière de fonctionner est en mesure d’améliorer la qualité et l’efficience et donc de maitriser les coûts, comme de nombreuses expériences menées en Suisse alémanique l’ont démontré. C’est bien pour cela que le Parlement veux modifier la loi, pour ancrer des incitations financières dans le but de porter d’ici 2016 env. 60% des assurés dans ces réseaux. Il s’agit d’une innovation organisationnelle au niveau du système, qui n’est pas obligatoire: une vie hors réseau reste possible pour les assurés comme pour les médecins. La suisse latine connait peu cette innovation, ce qui peut expliquer une certaine réticence manifestée dans ces régions. Le tableau ci-dessous résume la nouvelle organisations des soins ambulatoires, si la loi entrera en vigueur ces prochains mois.

Cette réforme comprends aussi d’autres aspects très importants : la compensation de la structure des risques entre collectifs d’assurés sera nettement améliorée (grâce à la morbidité), de manière à en finir avec la chasse aux bons risques. De même le moratoire des cabinets médicaux terminera définitivement le 31.12.2011.

Tout changement préoccupe, c’est normal, mais c’est en même temps une chance pour trouver une nouvelle énergie et pour développer – come entrepreneures – des nouvelles stratégies d’organisations des soins, compatibles avec une société qui évolue rapidement et ses possibilités de financement.

Ignazio Cassis, conseiller national

 

 

Soins intégrés
(managd care)
(art. 41c)

Autres formes particulières d’assurance
(managed care light)
(art. 41b, al. 2)

Assurance de base actuelle

Caractéristiques

Réseaux de soins intégrés (où le processus thérapeutique des assurés est coordonné tout au long de la chaîne thérapeutique)

Réseaux de médecins de famille simples, sans coresponsabilité budgétaire; télémédecine, modèles des listes

Convention particulière entre médecins et assureurs

OUI

Non

Non

Coresponsabilité budgétaire

OUI

Non

Non

Prestations médicales

Peuvent aller au-delà du panier des prestations LAMal

Seulement panier des prestations LAMal

Seulement panier des prestations LAMal

Liberté thérapeutique

Augmenté

Normale

Normale

Liberté entrepreneuriale

Augmenté

Selon contrat

Normale

Primes

Réduites

Réduites

Normales

Quote-part

max. 5%
(pourcentage inférieur possible)

15%

15%

Participation max.

CHF 500.-

CHF 1’000.-

CHF 1’000.-

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